2006.09.23

Carnet de route / 22 septembre 2006 / AMBATOLOAKA

— Posté par Ds2 @ 12:27 medium_affic76.jpeg / UNE VERITE QUI DERANGE/
An Inconvenient Truth / AL GORE


L'humanité est assise sur une bombe à retardement. Les savants du monde entier s'accordent pour dire qu'il nous reste à peine dix ans pour éviter une catastrophe planétaire - un dérèglement majeur du système climatique qui entraînerait des perturbations météorologiques extrêmes, des inondations, de longues périodes de sécheresse, des vagues de chaleur meurtrières. Cette catastrophe d'une ampleur sans précédent, nous en serions les premiers responsables ; nous seuls pouvons encore l'éviter. Plutôt que de sonner le tocsin de l'apocalypse ou de céder à la délectation morose, Une vérité qui dérange a choisi d'illustrer et de relayer l'action et le combat passionné d'un homme, l'ancien Vice-président Al Gore, qui depuis cinq ans sillonne les États-Unis pour persuader ses concitoyens de l'urgente nécessité de réagir à cette crise. La suite ... (source Yahoo)


D'autres sources de réflexion sur le sujet :

 

-  CLUB DES VIGILANTS

POUR UNE COMMUNAUTE MONDIALE DE L'EAU / MARC ULLMANN

  • Carnet de route / 22 septembre 2006 / AMBATOLOAKA

Bonjour à mes deux nièces ainsi qu'à toute la famillemedium_KIF_0266.JPG.jpeg
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Ici tout se passe bien, je m'habitue à la vie malgache bien que certains aspects de celle-ci soient assez déroutants pour un occidental. Il faut rapidement abandonner toutes références à notre mode de vie et de penser. Le Malgache ne vit qu'au présent. Est-ce la cause ou la conséquence de la pauvreté qui règne dans ce pays ? Je serais tenté de croire qu'il s'agit de la cause, en effet, contrairement à certains pays africains de la région saharienne, ici les ressources ne manquent pas mais sont peu, mal, ou pas du tout exploitées. Dans la région, les champs de canne à sucre sont laissés à l'abandon, les travailleurs agricoles n'ayant pas perçu de salaire depuis 2 ans ont depuis longtemps cessé le travail et ont en outre pillé la distillerie qui n'est plus qu'une friche. Le vol de métaux est d'ailleurs un sport national. Il n'y a plus de réseau filaire téléphonique à AMBATOLOAKA, les câbles étant régulièrement volés pour être fondus, même les rails de chemin de fer disparaissent.

L'énergie est un autre problème crucial. La société nationale JIRAMA (EDF malgache) procède régulièrement à des délestages sauvages. Il faut dire que l'électricité à MADAGASCAR est principalement produite par des groupes électrogènes obsolètes dont la plupart datent d'avant l'indépendance (1961). Ces groupes fonctionnent au gasoil et non au fuel lourd (deux fois moins cher). La banque mondiale, qui maintient la JIRAMA sous perfusion, a missionné un audit sur la société et a constaté, parmi d'autres anomalies, l'emploi fictif de 110.000 salariés, des détournements de carburant (organisés par des cadres de la société), etc., a aussi conditionné la poursuite de ses aides à la privatisation de celle-ci. Problème, le président actuel a fait du maintien du statut de JIRAMA l'un de ses chevaux de bataille. En outre, des projets miniers (le pays possède, en quantité, divers minerais dont le précieux nickel) sont bloqués faute de ressources énergétiques. Les Malgaches dans leur majorité ne semblent, toutefois, pas près d'évoluer. Beaucoup regrettent le régime de l'ancien président RATSIRAKA  qui s'est pourtant scandaleusement enrichi sur leur compte, pour l'unique raison que le régime actuel tente timidement d'imposer des règles. J'ai constaté que le Malgache confond souvent LIBERTE et ANARCHIE. "Avant, m'ont-ils dit, on pouvait monter n'importe quel "bizness" sans aucune autorisation maintenant il faut des papiers pour tout!" La perspective de devoir un jour payer des impôts leur parait inconcevable. J'ai tenté de leur expliquer que n'importe quel état pour construire routes, hôpitaux, écoles, etc., se devait de collecter des impôts: peine perdue! Un projet de route à AMBATOLOAKA pour remplacer la piste actuelle à peine praticable vient d'être abandonné. Il eut fallut, pour sa réalisation, démolir un certain nombre de constructions, bâties sans la moindre autorisation, en partie sur le domaine public.

L'approche des élections et la crainte d'un impact négatif pour le pouvoir actuel (si ce projet avait été réalisé) a amené à son abandon. Des discussions sur ce sujet avec plusieurs malgaches m'ont conforté dans mon opinion: « ce pays comme, le disait DE GAULLE, est un pays d'avenir  et, ajoutait-il, il le restera. En effet, au sujet de cette route, des malgaches m'ont dit: « Ici, on n’est pas en France, on n'a pas besoin de route ». Je leur ai alors rétorqué qu'ils avaient parfaitement le droit de ne pas vouloir que les choses changent mais que dans ce cas ils arrêtent de se plaindre en répétant sans cesse: « Nous pays pauvre! », pour justifier leurs demandes incessantes d'aides diverses. Je me suis fait proposer de sponsoriser un spectacle de boxe malgache, d'investir dans l'achat d'un taxi que je louerais ensuite à un chauffeur malgache et même d'apporter les fonds nécessaires au démarrage d'un élevage de canards! Toutefois la vie reste agréable, le soleil omniprésent, la mer à 20 m de ma terrasse, les soucis domestiques inexistants: une femme de ménage passe tous les jours 2h par jour et me fait lessive et repassage pour 60000 ariary/mois (1 euro=2600ar).

 

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